« Deepfake, inforama du futur? » – Irambona Misago Tema
Irambona Misago Tema
Deepfake, inforama du futur?
Ou quand l’IA devient notre compagnon de tous les jours…
Une vidéo de Macron avec les cheveux bouclés en train de parler comme une influenceuse, l’image de l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, arrêté par la police dans la Maison-Blanche… Réaliste, non ?
Pourtant, toutes ces vidéos ou images sont générées par l’intelligence artificielle, très réalistes, et sont publiées, repartagées et regardées sur les réseaux sociaux par des milliers de personnes. Selon DeepMedia, 500 000 deepfakes ont été générés par trimestre rien qu’en 2025, une hausse de plus de 550 % depuis 2019, avec plus de 96 % du contenu à caractère sexuel, un réel tremplin de la désinformation dans une société hyperconnectée et mondialisée. Mais c’est quoi un deepfake et comment le détecter à l’aube des fake news ?
Selon la CNIL, un deepfake est toute image, vidéo ou voix générée par l’usage d’un logiciel, dans le but de propagande, de désinformation ou de ragebait sur les réseaux sociaux. Technologie inventée par l’informaticien américain Ian Goodfellow, deepfake est une abréviation de « deep learning » et « fake », en d’autres termes : le faux issu de l’apprentissage profond. Par l’utilisation de logiciels comme HeyGen ou DeepSwap, on peut, en quelques minutes, imiter les mouvements, visages et même les voix, rendant ainsi difficile le discernement entre le vrai et le faux.
Nous sommes allés à la rencontre des étudiants de Tübingen et la question était de savoir : dans quelle mesure est-on entraîné à détecter une fausse information ? Pour répondre à cette question, nous avons montré une vidéo d’un célèbre acteur américain, Tom Cruise, à deux étudiantes, Tram et Dorothea, qui n’ont pas pu distinguer s’il s’agissait d’une fausse vidéo. Tram, 26 ans et étudiante en économie, nous parle de son ressenti.
I : Donc, tu disais que la vidéo a l’air vraie parce qu’il n’y a pas de clichés… on ressent les émotions et même sans légende, on aurait quand même l’impression que c’est une vraie vidéo, c’est ça ?
T : Ouais.
I : La vidéo que je t’ai montrée est en fait une fausse vidéo. Ça s’appelle un « deepfake ». Mais tu sais ce qu’est un deepfake ?
T : Euh, oui, je sais ce que c’est (hésite). Pour moi, un deepfake, c’est quelqu’un qui se filme, puis utilise l’intelligence artificielle pour transformer son visage ou son corps en celui de quelqu’un d’autre, une célébrité par exemple, dans ce cas-là Tom Cruise. Ils modifient le visage, les yeux et tous les traits pour que ça ressemble vraiment à Tom Cruise. Mais si tu es un grand fan de Mission Impossible, tu sais bien qu’il n’a pas l’habitude de faire ce genre de choses.
I : Et toi, en tant qu’étudiante en économie, où vas-tu chercher des informations ?
T : Des informations… tu peux être plus précis ?
I : Par exemple, où trouves-tu des informations sur la situation économique actuelle en Allemagne ? Ou sur l’économétrie ou l’économie publique ?
T : Ah, je vois. On lit souvent des revues spécialisées. Par exemple l’American Economic Review ou d’autres revues d’économie publique. Mais en dehors de la recherche scientifique, on lit aussi The Economist pour se divertir et élargir notre horizon. On peut aussi lire la Deutsche Welle, Der Spiegel ou d’autres journaux, pour savoir à quelles sources on peut faire confiance. Même The Economist peut avoir un point de vue différent du nôtre.
I : Et vous, où préférez-vous trouver vos informations : réseaux sociaux, revues, livres ou radio ?
T : Je pense qu’en tant que membre de la génération Z, je préfère trouver ces informations sur les réseaux sociaux. C’est très actuel et très mondial, alors que les livres ou des revues comme le Journal of Public Economics ou Scientific se concentrent uniquement sur certains pays. Les autres sources d’information traditionnelles sont un peu à la traîne ou se concentrent uniquement sur certains pays. Par exemple, quand on lit la Deutsche Welle ou un journal allemand, ils ne s’intéressent qu’à certaines régions.
I : Comment fais-tu la différence entre les fausses informations et la réalité ?
T : Je pense que c’est une bonne idée d’en discuter avec d’autres personnes. Par exemple, j’aimerais peut-être discuter plus en détail avec toi du ministre hongrois de la Santé, ou hier je suis sortie avec des amis et on parlait justement du Burkina Faso, où il y a aussi un nouveau régime.
I : Penses-tu que l’IA peut nous aider dans la vie de tous les jours, ou penses-tu plutôt qu’elle peut constituer une menace pour l’information et l’accès à des informations fiables ?
T : En ce qui me concerne, j’ai l’impression que l’IA m’aide beaucoup, car parfois, lorsque nous utilisons une vidéo générée par l’IA, cela nous permet de structurer notre raisonnement. Par exemple, est-ce que cela a du sens avec cette interprétation ou cette narration proposée par l’IA ?
Dans mon cas, j’ai l’impression que oui, cela a été très positif et bénéfique pour moi. Mais dans certains cas, pour certaines personnes, l’IA a simplement généré beaucoup de problèmes et de fausses informations.
On peut aussi faire des recherches sur les vidéos consacrées à l’IA à partir de nombreuses sources et découvrir toutes sortes d’idées et de courants de pensée différents. On se rend alors compte de quels laboratoires d’information ou quelles informations sont en train de voir le jour.
I : Penses-tu qu’à l’avenir, l’IA remplacera les informations réelles ?
T : Je ne pense pas, parce que, surtout aujourd’hui, sur les réseaux sociaux – je dois l’admettre –, il y a beaucoup de vidéos générées par l’IA, et tout dépend du point de vue du narrateur : s’il considère cet événement comme positif ou négatif, mais je ne pense pas que cela va remplacer les journalistes.
I : Merci beaucoup.
Selon la Dre Nadia Naffi de l’université Laval, nous sommes confrontés à une crise de la « désinformation », où entendre ou voir ne suffit pas pour croire.
Les réseaux sociaux, par la distribution algorithmique, encouragent la prolifération des deepfakes, notamment dans la création de faux comptes d’influenceurs. Cela a des conséquences sur les plus jeunes, surtout la génération Z, comme le confirme Dorothea, 21 ans et étudiante en droit :
“Je crains vraiment que l’IA ne remplace souvent, non seulement à l’avenir, mais qu’elle remplace déjà les informations réelles, car ce n’est pas toujours évident de distinguer si quelque chose est faux ou vrai. Je ne pense pas que cela soit nécessairement lié à l’IA, mais plutôt au fait que, d’une manière générale, les gens croient beaucoup de choses qu’ils trouvent sur Internet. Moi aussi. Mais oui, je pense donc que l’IA remplace déjà les informations réelles, et c’est dangereux.
Et je ne pense pas non plus que ça (l’IA) devrait être un allié parce que, d’abord, ce n’est pas bon pour le domaine politique, car beaucoup de gens font trop confiance à Internet ou aux outils d’IA, je pense. Et cela les empêche de réfléchir par eux-mêmes. C’est plus une menace, non seulement en matière d’information, mais aussi, par exemple, en ce qui concerne la quantité d’eau qu’elle consomme.”
Les deepfakes dérivés de l’IA déforment notre rapport à la réalité et à l’information, tout en nous faisant douter de notre perception. Mais comment distinguer le vrai du faux ? Dorothea a une technique bien à elle :
« Quand je lis quelque chose et que je ne suis pas sûre que ce soit vrai, je fais simplement une recherche sur Google et, en général, je trouve les bonnes informations. Du moins, je l’espère. Je pense que les fausses informations sont comme des faits supposés que les gens font croire aux autres comme s’il s’agissait de faits réels, mais qui sont faux ou ne reposent pas sur des recherches. Et je n’aime pas vraiment l’IA, je ne l’utilise pas. Je ne pense donc pas non plus que ce soit un bon allié dans la vie de tous les jours, pour de nombreuses raisons, car, d’un point de vue du droit de la consommation, ce n’est pas vraiment une bonne chose. »
Le fact-checking est l’une des méthodes les plus efficaces pour vérifier l’authenticité d’une information. Cela consiste à consulter des plateformes de journaux approuvés au niveau international ou national et à questionner chaque vidéo ou image que l’on voit sur les réseaux sociaux. À l’université de Tübingen, des initiatives comme le projet Deep PRISMA de l’International Center for Ethics in the Sciences and Humanities (IZEW), qui analyse les lacunes juridiques et techniques des deepfakes abusifs, permettent entre autres d’assurer la sécurité numérique des étudiants tout en renforçant les mesures juridiques nécessaires pour garantir que les créateurs de deepfakes, surtout à caractère diffamatoire, soient punis par la loi.
À l’ère de l’IA, les deepfakes font malheureusement partie de notre quotidien. Bien que ne pouvant remplacer le rôle d’un journaliste, ils sont une source d’information pour beaucoup de jeunes et de personnes de tout âge. La sensibilisation à l’utilisation de l’IA et l’éducation à l’identification des vraies informations dès le plus jeune âge sont nécessaires pour créer un monde où la réalité et le virtuel sont clairement distingués.
Deepfake, Infotainment der Zukunft?
Oder wenn KI zu unserem alltäglichen Begleiter wird…
Ein Video von Macron mit lockigem Haar, der wie eine Influencerin spricht, oder das Bild des ehemaligen US-Präsidenten Barack Obama, der im Weißen Haus von der Polizei verhaftet wird… Realistisch, oder?
Doch all diese Videos oder Bilder werden von Künstlicher Intelligenz erzeugt, sind äußerst realistisch und werden in sozialen Netzwerken von Tausenden von Menschen veröffentlicht, geteilt und angesehen. Laut DeepMedia wurden allein im 1. Quartal 2025 500.000 Deepfakes erstellt – ein Anstieg von über 550 % seit 2019, wobei mehr als 96 % der Inhalte sexueller Natur sind. Dies stellt einen erheblichen Motor der Desinformation in einer hypervernetzten und globalisierten Gesellschaft dar. Doch was ist ein Deepfake, und wie kann man ihn im Zeitalter der Fake News erkennen?
Laut der CNIL ist ein Deepfake jedes Bild, Video oder jede Stimme, die mithilfe einer Software erzeugt wird, mit dem Ziel von Propaganda, Desinformation oder sogenanntem Ragebait in sozialen Netzwerken. Die Technologie wurde vom amerikanischen Informatiker Ian Goodfellow entwickelt. „Deepfake“ ist eine Abkürzung von „deep learning“ und „fake“, also vereinfacht gesagt: eine Fälschung, die durch Deep Learning entsteht. Mithilfe von Programmen wie HeyGen oder DeepSwap kann man innerhalb weniger Minuten Bewegungen, Gesichter und sogar Stimmen imitieren, wodurch es immer schwieriger wird, zwischen Realität und Fälschung zu unterscheiden.
Wir haben Studierende der Universität Tübingen getroffen und gefragt: In welchem Maß ist man darin geschult, falsche Informationen zu erkennen? Um diese Frage zu beantworten, zeigten wir zwei Studentinnen, Tram und Dorothea, ein Video des bekannten US-Schauspielers Tom Cruise, das sie nicht als Fälschung erkennen konnten. Tram, 26 Jahre alt und Studentin der Wirtschaftswissenschaften, berichtet von ihrer Wahrnehmung.
Deepfake, infotainmentul viitorului?
Sau când inteligența artificială devine companionul nostru de zi cu zi…
Un videoclip cu Macron cu părul creț, vorbind ca o influenceriță, sau imaginea fostului președinte al Statelor Unite, Barack Obama, arestat de poliție în Casa Albă… Realist, nu?
Totuși, toate aceste videoclipuri sau imagini sunt generate de inteligența artificială, sunt foarte realiste și sunt publicate, redistribuite și vizionate pe rețelele sociale de mii de persoane. Potrivit DeepMedia, 500.000 de deepfake-uri au fost generate pe trimestru doar în 2025, o creștere de peste 550 % față de 2019, dintre care peste 96 % din conținut este de natură sexuală — un adevărat catalizator al dezinformării într-o societate hiperconectată și globalizată. Dar ce este un deepfake și cum îl putem detecta în era fake news-urilor?
Potrivit CNIL, un deepfake este orice imagine, video sau voce generată prin utilizarea unui software, cu scopul de propagandă, dezinformare sau „ragebait” pe rețelele sociale. Tehnologia a fost inventată de informaticianul american Ian Goodfellow. „Deepfake” este o abreviere de la „deep learning” și „fake”, adică, în alte cuvinte, un fals creat prin învățare profundă. Prin utilizarea unor programe precum HeyGen sau DeepSwap, se pot imita în câteva minute mișcările, fețele și chiar vocile, ceea ce face din ce în ce mai dificilă diferențierea dintre real și fals.
Am mers să întâlnim studenți de la Universitatea din Tübingen, iar întrebarea a fost: în ce măsură suntem antrenați să detectăm o informație falsă? Pentru a răspunde la această întrebare, am arătat un videoclip cu celebrul actor american Tom Cruise la două studente, Tram și Dorothea, care nu au putut distinge dacă era un videoclip fals. Tram, 26 de ani, studentă la economie, ne vorbește despre percepția ei.
